Association interreligieuse AGIRE NFC

 

AGIRE-NFC

nouvelle association interreligieuse dans l’Aire Urbaine

 

Une nouvelle association voit le jour dans l’Aire urbaine : celle du Groupe interreligieux du Nord Franche-Comté (Agire-NFC). Elle regroupe les responsables des trois religions monothéistes. Le groupe existait déjà depuis 1991, mais n’avait pas encore été officialisé de manière juridique. Les statuts ont été signés à la Grande Mosquée de Belfort le 18 mars 2019.

 

« Se connaître, s’estimer, s’entraider »

Autour de cette association on retrouve quatre responsables religieux : Dominique Blanchet, évêque du diocèse de Belfort-Montbéliard, Elysé Mayanga Pangu, inspecteur ecclésiastique de l’Eglise Protestante Unie de France, Laurent Hofnung, vice-président de la communauté israélite de Belfort et Ali Sahab, président de l’association des musulmans du Territoire de Belfort.

« L’objet de cette association, c’est de chercher des relations entre les différentes religions, nous sommes tous les enfants d’Abraham », dit Dominique Blanchet. C’est un lieu de visibilité des religions abrahamiques dans l’Aire Urbaine, rassemblant non seulement les responsables mais également les fidèles de chaque religion. « Le fait de devenir une association de loi 1901 nous met en capacité de parler à l’opinion publique, mais aussi aux autorités », affirme Elysé Mayanga Pangu.

Thème choisi cette année pour Agire-NFC : la fraternité. Le groupe se retrouvera régulièrement tous les deux mois pour « se connaître, s’estimer, s’entraider, par besoin de se redire le message de paix et d’y travailler pour vivre en bons citoyens », a précisé le père Jean-Marie Baertschi, un des membres fondateurs.

Pour Ali Sahab, le groupe « est une rencontre intellectuelle pour réfléchir sur le fond commun de notre foi et nous enrichir de nos sensibilités différentes. » « Ce n’est pas pour faire du syncrétisme, mais pour créer des conditions du vivre ensemble. Nous ne sommes pas naïfs, cette fraternité est difficile, elle nécessite beaucoup d’écoute », a ajouté Mgr Blanchet.

 

« Vivre un groupe interreligieux est vital pour nous »

« Vivre un groupe interreligieux est plus que nécessaire, c’est vital pour nous », nous a confié Slimane Gharbi de la communauté musulmane : « face à l’actualité et parce que notre pays traverse une zone de turbulences inquiétante – agressions des femmes voilées, profanations des églises et des synagogues – il est vital de réfléchir sur le lien qui nous unit, le caractère sacré de chaque vie ».

Dans cette perspective, l’importance du dialogue est grande car « les mots peuvent réparer les maux » selon la belle formule de Bouabdallah Kiouas, vice-président de l’association des musulmans.

L’association interreligieuse permet de lutter contre les amalgames. Laurent Hofnung de la communauté israélite nous a dit l’importance que revêtait pour sa communauté la présence des musulmans à la célébration organisée à la synagogue au lendemain de l’attentat de « Charlie Hebdo » et « Hyper Cacher » en 2015. « Ils ont tout de suite répondu présent, solidaires, parce que l’on se connaissait bien ! ». Belle façon de ne pas laisser aux extrémistes le dernier mot.

Longue et belle vie à la nouvelle association déjà si riche en liens fraternels et travail accompli en presque trente ans d’échanges !